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À propos du PRN Evolving Language Le premier pôle de recherche national dédié au langage

exploring past present and future of language
Pour explorer le passé, le présent et le future du langage

Pourquoi est-ce essentiel?

Le langage est l'une des caractéristiques les plus importantes - sinon la plus importante - de l'existence humaine

  • Le langage est au coeur de la communication. Même si de nombreuses informations peuvent être transmises par des mimiques, des expressions corporelles, ou encore des odeurs, cela reste marginal par rapport à la quantité et à la précision des informations que nous communiquons presque sans arrêt par notre langage – que ce dernier se réalise par des sons, par des gestes ou par l’écriture.

  • Le langage est au cœur de notre réflexion. Il nous aide à structurer et expliciter notre flux de pensées, ainsi qu’à tirer des conclusions adéquates. Mais le langage façonne aussi notre façon de comprendre ce qui nous entoure. Dans une certaine mesure, il influence la façon même dont nous percevons le monde, ce que nous attendons de lui et les souvenirs que nous en avons.

  • Le langage est au coeur de notre organisation sociale. La diversification permanente du langage au fil du temps est un outil universellement reconnu pour délimiter les populations, les ethnies et les groupes, tout comme pour créer un sentiment d’appartenance et réguler l’accès à un savoir-faire spécialisé.

Le langage subit aujourd’hui des changements radicaux

  • Les médias numériques et l’accès permanent à des sources de connaissance en ligne changent notre façon de communiquer. Au lieu du Moi et du Toi, des sources et des destinataires à la fois flous et multiples font leur apparition: on peut citer à titre d’exemple les mouvements de protestation dépourvus d’interlocuteur·trice·s personnel·le·s, mais aussi la banalisation des machines ou de systèmes d’IA. Siri et Alexa font désormais partie intégrante de la vie quotidienne ; et les systèmes d’IA nous communiquent des offres conçues sur mesure allant de Netflix à Coop@Home.

  • Les progrès en matière de neurotechnologie permettent d’intervenir sur la façon dont notre cerveau traite, planifie et pense le langage. À ce jour, les électrocorticogrammes peuvent déjà être utilisés pour révéler ce qu’un locuteur envisage de dire, sans que ce dernier ne l’exprime oralement ou par écrit. Les perspectives de neuroprothèses qui en découlent sont attendues de longue date dans le cadre du traitement des troubles du langage (par exemple après une attaque cérébrale), mais elles menacent notre droit à la confidentialité mentale. Cette situation est extrêmement périlleuse et soulève des questions éthiques fondamentales.

  • La mondialisation modifie la diversification constante des langues. Si la diversification a toujours été étroitement liée aux ressources naturelles locales et aux restrictions qui en découlent quant à la taille des groupes, elle est aujourd’hui soumise à des mécanismes universels qui détruisent rapidement la diversité de quelque 7000 langues. Les connaissances locales se perdent, par exemple en ce qui concerne l’utilisation durable des ressources naturelles, et des millions de personnes sont privées d’une partie de leur identité, ce qui s’accompagne souvent de conflits politiques virulents.

Des étapes d’évolution aux conséquences encore inconnues

Ces changements posent des défis gigantesques, comparables aux conséquences des grandes étapes de notre évolution jusqu’à présent, à l’image de la marche à la verticale ou de l’invention de l’agriculture. Mais que signifie concrètement l’évolution actuelle? Que signifie se détourner du Moi et du Toi dans la communication, du droit à la confidentialité mentale, des processus naturels de diversification? Vers quoi évoluons-nous? Et dans quelle direction voulons-nous évoluer?

Comme toujours, lorsqu’il s’agit des caractéristiques centrales d’une espèce, nous ne pouvons vraiment répondre à ces questions que si nous comprenons son évolution antérieure, sa phylogénie et son ontogénie: D’où vient et comment se développe notre capacité à communiquer linguistiquement entre Moi et Toi, à imaginer et à traiter le langage dans le cerveau, et à le transmettre de génération en génération tout en permettant une diversification continue?

La division des facultés a bloqué l'étude de l'évolution des langues

Il y a eu peu de réponses jusqu’à présent; et les quelques tentatives qui ont été faites sont hautement spéculatives et difficilement vérifiables. Dans les faits, l’évolution du langage n’est toujours pas comprise – certains auteurs parlent même de “mystère”. Cela est principalement dû au fait que, jusqu’à récemment, la recherche sur le langage était presque exclusivement un métier des sciences humaines, alors que la recherche sur l’évolution et le cerveau découlait des sciences naturelles. En fait, depuis la division des facultés il y a plus de 100 ans, un fossé toujours plus large s’est creusé entre le monde des “sciences humaines et du langage” et le monde des “sciences naturelles et des mathématiques”, non seulement dans les universités mais aussi déjà à l’école primaire. Le langage humain a été de plus en plus étudié comme un phénomène purement intellectuel et culturel, presque toujours sous le modèle d’une seule langue ou de textes individuels. Cela n’a guère laissé de passerelles vers la recherche biologique dans le domaine de la communication et de la cognition d’autres espèces. La comparaison systématique entre les humains et les animaux apparaît de ce fait comme la clé de la recherche évolutive.

Une approche transdisciplinaire ouvre de nouvelles perspectives

Le projet Evolving Language brise ces barrières. Le projet est fondé sur un programme de recherche très transdisciplinaire d’une toute nouvelle échelle, uni par un engagement sans réserve envers les standards modernes de reproductibilité scientifique, de transparence et de science des données. Le PRN réunit 30 groupes d’un large panel de disciplines, répartis dans toute la Suisse : linguistique, psychologie, neurosciences, biologie, anthropologie, médecine, génétique, informatique, géographie, mathématiques et philosophie.

Ensemble, nous étudions et comparons la communication et la cognition des êtres humains et des animaux, notamment chez nos parents les plus proches, les grands singes. Nous examinons les processus neuraux et informatiques impliqués dans le traitement et la planification du discours, ainsi que les opportunités et les risques de la neurotechnologie appliquée. Nous analysons la manière dont les enfants apprennent leur langue au sein d’environnements culturels traditionnels très différents, de l’Amazonie à l’Himalaya. Nous explorons les procédés de diversification et les variations du langage, ainsi que l’influence des machines sur notre communication et notre manière de penser. Des groupes de travail intersectoriels apportent une expertise méthodologique, technologique, philosophique, conceptuelle et éthique.

Rapport de progression Télécharger le PDF

À propos du PRN Evolving Language Le premier pôle de recherche national dédié au langage

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Pour explorer le passé, le présent et le future du langage

Pourquoi est-ce essentiel?

Le langage est l'une des caractéristiques les plus importantes - sinon la plus importante - de l'existence humaine

  • Le langage est au coeur de la communication. Même si de nombreuses informations peuvent être transmises par des mimiques, des expressions corporelles, ou encore des odeurs, cela reste marginal par rapport à la quantité et à la précision des informations que nous communiquons presque sans arrêt par notre langage – que ce dernier se réalise par des sons, par des gestes ou par l’écriture.

  • Le langage est au cœur de notre réflexion. Il nous aide à structurer et expliciter notre flux de pensées, ainsi qu’à tirer des conclusions adéquates. Mais le langage façonne aussi notre façon de comprendre ce qui nous entoure. Dans une certaine mesure, il influence la façon même dont nous percevons le monde, ce que nous attendons de lui et les souvenirs que nous en avons.

  • Le langage est au coeur de notre organisation sociale. La diversification permanente du langage au fil du temps est un outil universellement reconnu pour délimiter les populations, les ethnies et les groupes, tout comme pour créer un sentiment d’appartenance et réguler l’accès à un savoir-faire spécialisé.

Le langage subit aujourd’hui des changements radicaux

  • Les médias numériques et l’accès permanent à des sources de connaissance en ligne changent notre façon de communiquer. Au lieu du Moi et du Toi, des sources et des destinataires à la fois flous et multiples font leur apparition: on peut citer à titre d’exemple les mouvements de protestation dépourvus d’interlocuteur·trice·s personnel·le·s, mais aussi la banalisation des machines ou de systèmes d’IA. Siri et Alexa font désormais partie intégrante de la vie quotidienne ; et les systèmes d’IA nous communiquent des offres conçues sur mesure allant de Netflix à Coop@Home.

  • Les progrès en matière de neurotechnologie permettent d’intervenir sur la façon dont notre cerveau traite, planifie et pense le langage. À ce jour, les électrocorticogrammes peuvent déjà être utilisés pour révéler ce qu’un locuteur envisage de dire, sans que ce dernier ne l’exprime oralement ou par écrit. Les perspectives de neuroprothèses qui en découlent sont attendues de longue date dans le cadre du traitement des troubles du langage (par exemple après une attaque cérébrale), mais elles menacent notre droit à la confidentialité mentale. Cette situation est extrêmement périlleuse et soulève des questions éthiques fondamentales.

  • La mondialisation modifie la diversification constante des langues. Si la diversification a toujours été étroitement liée aux ressources naturelles locales et aux restrictions qui en découlent quant à la taille des groupes, elle est aujourd’hui soumise à des mécanismes universels qui détruisent rapidement la diversité de quelque 7000 langues. Les connaissances locales se perdent, par exemple en ce qui concerne l’utilisation durable des ressources naturelles, et des millions de personnes sont privées d’une partie de leur identité, ce qui s’accompagne souvent de conflits politiques virulents.

Des étapes d’évolution aux conséquences encore inconnues

Ces changements posent des défis gigantesques, comparables aux conséquences des grandes étapes de notre évolution jusqu’à présent, à l’image de la marche à la verticale ou de l’invention de l’agriculture. Mais que signifie concrètement l’évolution actuelle? Que signifie se détourner du Moi et du Toi dans la communication, du droit à la confidentialité mentale, des processus naturels de diversification? Vers quoi évoluons-nous? Et dans quelle direction voulons-nous évoluer?

Comme toujours, lorsqu’il s’agit des caractéristiques centrales d’une espèce, nous ne pouvons vraiment répondre à ces questions que si nous comprenons son évolution antérieure, sa phylogénie et son ontogénie: D’où vient et comment se développe notre capacité à communiquer linguistiquement entre Moi et Toi, à imaginer et à traiter le langage dans le cerveau, et à le transmettre de génération en génération tout en permettant une diversification continue?

La division des facultés a bloqué l'étude de l'évolution des langues

Il y a eu peu de réponses jusqu’à présent; et les quelques tentatives qui ont été faites sont hautement spéculatives et difficilement vérifiables. Dans les faits, l’évolution du langage n’est toujours pas comprise – certains auteurs parlent même de “mystère”. Cela est principalement dû au fait que, jusqu’à récemment, la recherche sur le langage était presque exclusivement un métier des sciences humaines, alors que la recherche sur l’évolution et le cerveau découlait des sciences naturelles. En fait, depuis la division des facultés il y a plus de 100 ans, un fossé toujours plus large s’est creusé entre le monde des “sciences humaines et du langage” et le monde des “sciences naturelles et des mathématiques”, non seulement dans les universités mais aussi déjà à l’école primaire. Le langage humain a été de plus en plus étudié comme un phénomène purement intellectuel et culturel, presque toujours sous le modèle d’une seule langue ou de textes individuels. Cela n’a guère laissé de passerelles vers la recherche biologique dans le domaine de la communication et de la cognition d’autres espèces. La comparaison systématique entre les humains et les animaux apparaît de ce fait comme la clé de la recherche évolutive.

Une approche transdisciplinaire ouvre de nouvelles perspectives

Le projet Evolving Language brise ces barrières. Le projet est fondé sur un programme de recherche très transdisciplinaire d’une toute nouvelle échelle, uni par un engagement sans réserve envers les standards modernes de reproductibilité scientifique, de transparence et de science des données. Le PRN réunit 30 groupes d’un large panel de disciplines, répartis dans toute la Suisse : linguistique, psychologie, neurosciences, biologie, anthropologie, médecine, génétique, informatique, géographie, mathématiques et philosophie.

Ensemble, nous étudions et comparons la communication et la cognition des êtres humains et des animaux, notamment chez nos parents les plus proches, les grands singes. Nous examinons les processus neuraux et informatiques impliqués dans le traitement et la planification du discours, ainsi que les opportunités et les risques de la neurotechnologie appliquée. Nous analysons la manière dont les enfants apprennent leur langue au sein d’environnements culturels traditionnels très différents, de l’Amazonie à l’Himalaya. Nous explorons les procédés de diversification et les variations du langage, ainsi que l’influence des machines sur notre communication et notre manière de penser. Des groupes de travail intersectoriels apportent une expertise méthodologique, technologique, philosophique, conceptuelle et éthique.

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